La plus grande difficulté pour résoudre vraiment nos problèmes relationnels c’est de croire que l’autre est la source du conflit que nous vivons.

Le mécanisme qui consiste à dire “c’est à cause de lui/elle, que je suis mal” est installé depuis tant de générations qu’il nous semble impossible de nous en défaire.

La célèbre phrase de J.P. Sartre “L’enfer c’est les autres” pourrait alimenter cette pensée.

Mais Sartre ne voulait pas tout à faire dire cela. Dans le passage de son livre, le texte dit précisément cela :

«  Tous ces regards qui me mangent. […] Pas besoin de gril, l’enfer c’est les autres.  ».

L’enfer dont il parle ne concerne pas la souffrance que l’autre nous inflige mais simplement le fait de ne pas pouvoir se détacher du jugement de l’autre.

Se défaire du jugement de l’autre c’est le seul moyen de trouver en soi la paix et pouvoir vivre des relations pacifiées et avec la plus juste distance possible.

Car parfois une distance physique est impossible, comme en ce qui concerne son voisin de bureau, ou une distance de lien, comme dans une famille.

Faire la paix en soi avec les attentes et les jugements de l’autre est un chemin nécessaire dans la connaissance de soi.

Trop souvent nous laissons à l’autre le pouvoir de nous rendre heureux ou malheureux d’être qui nous sommes. Nous lui laissons le pouvoir de définir qui nous ne sommes pas, qui nous devrions être, comment nous devrions nous comporter.

Rire trop fort, parler trop, pas assez, être plus présent, sourire bêtement, pleurer pour un rien, râler contre tout…

Chacun doit mesurer si telle ou telle attitude est bénéfique POUR LUI-MÊME, et non pour répondre à celui ou celle que nous devrions être pour satisfaire l’autre.

Est-ce juste et nécessaire POUR MOI de râler sans cesse ? Est-ce bénéfique POUR MOI de parler quand j’en ressens le besoin ? Qu’est-ce qu’implique POUR MOI d’être toujours accueillant ?

C’est à la lumière des bienfaits que cela vous procure ou pas, que votre jugement doit avoir de la valeur.

Le regard de l’autre, s’il est bienveillant, sera de vous aider à faire la lumière avec vous, et seulement avec vous-même. Sinon, le jugement de l’autre ne concerne que lui. Peut-être que c’est là où vous pourriez commencer ? Par éclairer l’autre que vous n’avez pas le pouvoir de le rendre heureux et de le satisfaire. Chacun a à charge de négocier d’abord avec soi avec ses propres besoins et émotions.

La construction d’une relation pacifiée commence avec soi-même.

Apprendre à faire la paix avec l’autre, c’est d’abord revenir à sa source, à la source de son propre conflit qui n’est qu’intérieur.

J’échangeais avec une de mes amies hier. La souffrance relationnelle due à l’attente d’une mère ou d’un père que l’on ne peut satisfaire sans se couper de soi est telle qu’elle peut provoquer la perte d’amour.

Apprendre comment retrouver la paix en soi c’est retrouver de chemin de l’amour de soi et par voie de conséquence de l’amour bienveillant pour l’autre.

Question coach : Prenez le temps de découvrir qu’est-ce qui vous attache au jugement de l’autre ? Qu’avez-vous peur de perdre ?

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