Au fond, contrairement à l’illusion apparente, je ne suis pas et n’ai jamais été une intellectuelle.

Je suis profondément intuitive et me nourris de connaissances empiriques. Je pense la vie en l’explorant et j’explore la vie en la ressentant.

D’intellectuel je n’ai que les mots de mes pensées ; ces pensées que je ne recherche pas, qui m’envahissent quand elles ne m’assaillent pas, comme un peu toutes ces phrases que je pose là. Souvent, ce bouillonnement semble fait à dessein mais il surgit davantage comme on fait un dessin…

Je cherche peut-être dans tous ces mots que j’aligne de quoi décrire ce qui se fait, se vit. De quoi raconter mes sensations, de quoi exprimer ce que je peux dans ma limite comprendre. Au fond, de tout ce que j’entends et que l’on me démontre, je comprends plus que je ne retiens et je deviens davantage que je ne comprends.

Quant à enseigner et transmettre, c’est par la force des choses que je le fais, et celle du besoin :

  • Une force d’abord, qui malgré moi me pousse à délivrer ce qui est là, en moi, comme s’il y avait urgence à dire ce que je sais avant que je ne l’oublie. Je l’extirpe parfois comme on s’étripe. J’extrais de mes pensées des tas d’explication qui tendent à m’éclairer comme s’il fallait me décrire pour être acceptée. Je ne prétends jamais être comprise.
  • Un besoin aussi, qui me force à répondre aux formats que ce monde me propose et que seule je m’impose. Je forme donc aux méthodes et aux outils parce qu’il le faut bien, parce que c’est aussi à travers cela que se fait le début d’un chemin.

Former délimite et ne laisse place à aucune liberté pour l’esprit qui n’a pas besoin de savoir mais de se connaitre. On retient peu de tout ce que l’on apprend par les mots qui tentent de nous dire qui être et quoi faire. C’est peut-être cela qui m’a mené à l’accompagnement.

Dans l’accompagnement, je me sens libre, je me sens moi, je sens et je ressens mieux quand je marche avec l’autre. Je le laisse libre et le laisse être lui et je l’écoute faire. C’est ainsi que je le devine sans le connaitre.

Quand je marche à deux et à plusieurs, tout advient bien mieux. Quand je chemine ainsi, je réfléchis toutes ces images qui par l’autre me viennent et me reviennent. c’est ainsi que le sens découle du flow et les mots coulent de ma bouche.

Il faut longtemps pour se connaitre. Je découvre seulement cela maintenant, c’était à peine hier, n’étant jamais parvenue à le comprendre en y réfléchissant bien… En s’y réfléchissant bien.

B.G, juin 2021